15 février 2008

Ma foi

Il doit y avoir souvent des jours comme ça... Des jours où on a l'impression que rien ne va, que finalement tout est contre vous, rien ne se déroule comme il le faudrait, ou du moins comme vous l'aviez prévu...
Alors certes, je suis plutôt partisante du fait qu'il n'y ait pas de hasard, mais des fois ça fait tellement du bien de se dire que "si si, le hasard existe, et toute cette journée pourrie n'est pas du tout de ma faute..." ( Quelle perversité finalement de se mentir à soi-même en feintant de ne pas le faire, et en s'en persuadant tellement fort que vous vous retrouvez face à une réalité crédible...)
Face à cet argument, un exemple s'impose :
Tout commence en un jour de réveil loupé, il fallait vous levez à 8 heures et il est déjà dix heures, sur ce, vous vous levez un peu énervé de votre incompétence "temporelle" et cherchez au pied du lit vos claquettes avec lesquelles vous marchez dans votre maison. Ah! avoir les pieds bien au chaud pour vous donnez l'impression d'être encore dans le lit... Vos extrémités s'engouffrent dans ce bonheur connu et tant désiré... Et là vos terminaisons nerveuses envoient un message à votre cerveau encore tout endormi: "contact non habituel détecté, d'une texture tiède et pâteuse, risque de danger, chose inconnue, retirez le pied!!!" D'un bond, vous retirez votre pied et pour amener une image à vos yeux de cette "chose inconnue", vous vous approchez très près (oui en effet, vous êtes myopes et avez perdus vos lunettes... pas de chance....) . Oh! Quelle puanteur!
Tous vos sens s'accordent: l'un de vos merveilleux chats n'a pas trouvé mieux que de vomir dans vos sandales, qui, il est bon de le préciser, ne prennent pas plus de 0,00000001 pour cent de la surface de votre appart.... Il s'avère que ce soit votre pied gauche qui fut la victime...
Passage à la salle de bain, javel, serviette... Dix minutes après ce réveil haut en couleur vous pouvez enfin descendre pour votre petit déjeuner sans lequel un matin ne pourrait pas exister.
Vous allumez la bouilloire, vous allez prendre une tasse pour votre thé, une petite cuillère, un sachet de thé, un morceau de sucre et du jus d'orange dans votre frigo... Tous ces gestes ne sont plus pour vous que des réflexes, vous respirez comme vous prenez votre ptit déj...
La bouilloire n'a plus d'eau et vous manquez de faire péter les plombs, il n'y a plus de tasse ni de petite cuillère dans le vaisselier.... Moment de réflexion intense: "je devais me lever à huit heures afin d'avoir le temps de faire la vaisselle de la veille..."
En pensant cela vous faites tomber à terre tous les sachets de thé, il n'y a plus de sucre, quant au jus d'orange, cela fait une semaine que vous prenez un verre d'eau à la place...
Votre coeur s'accélère, il n'y a rien de pire qu'un matin loupé de cette façon mais allons, il faut rester calme! Vous avez beaucoup de travail à faire, un planning surchargé, ne pas désespérer, rester positif.
Vous vous mettez à table et allumez la télé pour, cela est bien connu, s'abrutir avant de réfléchir, c'est comme une sorte de reboot nécessaire, pour ne pas se rendre compte que tous les jours c'est la même chose, les mêmes gestes, et parfois, comme ce matin là, un bug se produit... Du coup le reboot est plus long pour effacer la moindre colère. Ce serait tout de même dommage que nous nous rebellions et que nous refusions ce pour quoi nous sommes programmés...
Temps d'abrutissement terminé, on se lève, on monte les escaliers, on procède au lavage et à l'habillage.
On descend de chez soi pour chercher la lettre tant attendue de la correction d'une version envoyée deux semaines plus tôt. Elle est arrivée, on sourit. On l'ouvre, six sur vingt...
On remonte, on ferme la lettre que l'on pose sur sa commode, on se met dans le lit sans se déshabiller ( on ne sait jamais, on pourrait se casser un doigt, ce qui est, pour ceux qui me connaissent, une possibilité), on se recouvre de couvertures et on décide d'y rester toute la journée afin d'éviter toute autre complication pour cette journée bien remplie qui pourrait bien finir par vous tuer d'une façon ou d'une autre...

12 février 2008

Info

J'ai fait un nouveau blog pour ceux qui veulent lire quelques romans, nouvelles et autres à l'adresse suivante: http://librelitterature.blogspot.com/
Bref, si le coeur vous en dit...:)
Beaucoup de boulot en ce moment explique le manque de post, mais d'ici deux semaines, ça devrait déjà aller mieux.

24 janvier 2008

Chose promise...

Songe, sonnet VI des Antiquités de Rome
de Du Bellay




Une louve je vis sous l'antre d'un rocher
Allaitant deux bessons : je vis à sa mamelle
Mignardement jouer cette couple jumelle,
Et d'un col allongé la louve les lécher.

Je la vis hors de là sa pâture chercher,
Et courant par les champs, d'une fureur nouvelle
Ensanglanter la dent et la patte cruelle
Sur les menus troupeaux pour sa soif étancher.

Je vis mille veneurs descendre des montagnes
Qui bornent d'un côté les lombardes campagnes,
Et vis de cent épieux lui donner dans le flanc.

Je la vis de son long sur la pleine étendue,
Poussant mille sanglots, se vautrer en son sang,
Et dessus un vieu tronc la dépouille pendue.


Avis à mes futurs élèves...

J'ai décidé de croire en une excuse à laquelle je ne pensais pas pouvoir accréditer la moindre véracité.
Chers futur(e)s élèves, s' ils vous arrivent un jour, et cela est sur de l'être, de rendre en retard un devoir, tel qu'il soit du moment que ce soit sur un support papier, je vous croirai si vous accusez votre chat de l'avoir déchiquété, en pensant que ce fut soit comestible soit un jeu (ou dieu sait quoi d'autre qui se passe dans la tête d'un chat). Vous aurez droit à plus de temps.
Cette décision est prise car je fus témoin de cet acte dénué de sentiment pour le temps passé à faire une version latine de plus de cinq heures... En effet, j'accuse mr Picasso le chat d'avoir délibérément saccagé un devoir qui devait aller au cned...
Mais maintenant que vous le savez, il s'avère difficile d'accuser le chat. En effet quand l'on sait qu'il y a un risque de perdre un devoir de façon aussi bête on prend des précautions...
Finalement plus d'excuse possible car la seule que je vous ai donné comme valable peut du coup être évité puisqu'elle est connue, de plus je ne croirai pas en une excuse que je n'aurai pas éprouvé moi-même... Mes pauvres "futurs" élèves, je serai encore plus cruelle que les autres, mais bon, au fond, j'en apprécierai peut-être quelques uns dans le lot...:))
Sur ce gardez courage, vous regorgez d'imagination alors inventez, un jour ou l'autre, ça pourrait marcher...

19 janvier 2008

Dernière ligne droite...

Afin de réussir, rien ne vaut les traitements réglant un peu l'âme plus qu'autre chose.
Petite recette de la réussite:
- Sédatif PC, pour les états anxieux et émotifs provoquant les troubles du sommeil.
- PhytoTrac, homéopathie contre l'émotivité, le trac et le stress ponctuel.
- Vitamine C, un incontournable.
- Dyno-Mins, du magnésium sous la forme d'énorme comprimé.
Si avec tout ça j'y arrive pas!!!!
Faudrait quand même pas que j'oublie mon cerveau.... le pire c'est que ça pourrait arriver sans m'en rendre compte...Et si, par exemple, des extra-terrestres prennent place dans le corps de mes chats (êtres vivants avec qui je passe le plus de temps et à qui je parle le plus souvent...je sais , je ne suis pas très normale:)), et qu'ils décident de faire un trou dans ma boite cranienne pendant le peu de sommeil profond dans lequel j'arrive à être (ils sont perfides quand même), qu'ils prennent une paille fabriquée à l'avance au moyen de leurs pattes pleines de poils( pas bêtes, ils ont prévu le coup depuis longtemps), et qu'ils aspirent, juste la veille du concours tout mon cerveau... En me réveillant, finalement je ne m'en rendrai pas compte vu que je préfèrerai faire le ménage pour me déstresser... Et là, arrivée devant la copie, plus de cerveau....
Que faire? Quoi dire? Rien, le Néant...
Mais tout cela n'arrivera pas car je feinterai mes chats: la veille du coucours je serai deja sur montpellier, chez Lila, loin donc de tous chats. Ouf! je suis sauvée mais heureusement que j'y ai pensé! Ah! Ah! je les ai bien eu...
Des fois, comme ça, j'ai l'impression que ma tête ne tourne vraiment pas rond, qu'est que je m'amuse toute seule quand même:)
Sur ces grandes préoccupations, apres avoir analysé notre chére Princesse de Clèves je m'en retourne à ce cher bon vieux Du Bellay, mais avant tout cela un peu de petit latin et de petit grec pour la mise en forme...
En parlant de ce poète je vous mettrai demain ou un peu plus tard un de ses poèmes des Antiquités de Rome, une pure merveille.
Comme quoi, ma chère Aurélie, le fait de ne plus être "super jeune" nous permet d'avoir une compréhension beaucoup plus intéressante sur certains sujets...
Sur ce, au boulot petit cerveau que je suis.

09 janvier 2008

Ici

(Avant de lire ceci, il faut sélectionner "l'entraille: Histoire au feu de bois" pour lire l'histoire depuis le début, j'espère que ça vous plaira:))


Son sac est récupéré et complètement desséché. Il reprend sa route.
Un morceau de bois en guise de canne, ah! qu'il est beau cet assassin vagabond.
Le visage semble attristé, ou plutôt indifférent, vide; il a un but à accomplir, il s'est promis d'y arriver. Il s'arrète un instant et se rend compte de cette marque qu'il a sur l'avant bras: une marque de son assouvissement lorsqu'il était encore dans la maison initiale. Il s'assoit et prend dans sa poche la lime à ongle qu'il avait récupérée de sa morte femme.
En avant, en arrière, à gauche, à droite, sans cesse, sans arrêt, sa décision est prise, tout son passé doit disparaitre. Ce mouvement incessant de la lime sur sa peau devient toute l'oeuvre d'une vie, une goutte de sang se dilate en se mélangeant aux poussière de l'instrument et de la saleté accumulée depuis son départ.
Le sang s'écoule en un mélange qui ne fait plus qu'un ensemble mi-liquide, mi-solide, qui pénètre dans la Terre.
Il n'a pas mal, quelle vision étrange que cet homme sans souffrance qui se lime un bras dans cette chaleur pesante qui le rend flou au loin comme si personne ne pouvait le voir, comme si il ne devenait plus qu'un mirage, une vision irréelle de notre esprit créateur de tant de folies.
La peau n'est plus, elles est déchiquetée et indissociable du mélange créé par le frottement. Il arrète afin de ne pas non plus aller jusqu'à l'os et perdre un bras qui lui permet de porter son sac, son pragmatisme est terrifiant, il n'a pas sourcillé une seule fois.
Il se relève et le sang continue de s'écouler lors de sa marche, suivant ses pas, traçant son chemin de manière indélibile.

01 janvier 2008

(Re)Commencement...

Bonne année à tout le monde et joyeux noel en retard!!!
Que tous vos voeux se réalisent et pensez aux prochain voeux pour l'an prochain, c'est un peu énervant d'avoir toujours les mêmes, on a l'impression de tourner en rond.
Bisoux à tout le monde!!

14 décembre 2007

Un nouveau lien

Je vous conseille vivement d'aller voir ce blog qui est vraiment "une pure merveille pour les yeux"; bonne visite à tous:

07 décembre 2007

L'Aurore

Il se réveille, elle le sait, il est loin, elle le sait, il ne parle plus, elle le sait.
Il la regarde, elle le sait, il pense à elle, elle le sait, il lui écrit, elle le voit.
L'aube sans âme s'élève des profondeurs, elle respire sans lui, il lui manque, elle se sent seule et l'appelle:" O toi Typhon aux milles bras, vient et ne repars plus, ne cesse plus de tournoyer en moi, la Nuit risque de venir pour m'enlever et tu ne saurais où me retrouver, il est temps de rester et de poursuivre le Soleil qui s'en va sans moi, me laissant aux bords du Styx"
Prière sans appel, Typhon sera vaincu par le plus puissant de tous, celui qui a la plus grande ruse. Pauvre Aube qui ne sera jamais que ce pourquoi elle est.

06 décembre 2007

Un conte oublié que ma chère Lila m'a envoyé

Un conte oublié .

Voici le conte le plus court et le plus beau que tu n'aies jamais lu.
Il était une fois une jeune fille qui demanda à un garçon s'il voulait se
marier avec elle.

Le garçon lui répondit "Non!".

Dès lors la jeune fille vécu toujours heureuse, sans laver, ni cuisiner, ni
repasser pour personne, en sortant avec ses amies, en faisant l'amour avec
celui qu'elle voulait, en travaillant et dépensant son argent comme elle le
voulait.
* *FIN**
Le problème c'est que depuis que nous sommes toutes petites, on ne nous a
jamais raconté ce conte. Et ils nous ont bien foutues dans la merde Avec ce
putain de prince charmant !!!!

03 décembre 2007

Bleu

Juste une couleur, une senteur, un bruit, un goût. Tout cela certes nous dépasse et ne peut que nous effrayer, pauvre vers de terre qui s'oublie dans cette immensité ; l'acces semble bloqué, l'invertébré ne cesse de creuser avec tout l'acharnement possible, il ne se fatigue pas, il ronge cette terre de peur de tomber dans ce coeur si effrayant et si profond de la Terre.
Il n'a pas de dents, il est usé au bout de tant d'années d'acharnement vain, d'autres ont cessé de creuser voire ne s'y sont même pas essayé, l'air est bien trop fatiguant.
Dans le premier rayon brillant jamais vu, il chute et ceux de derriere aussi, laisant devant lui un acces qui se referme encore et encore et le fera toujours ainsi...

Note de nuit

Tam tam, tam tam, tam tam
Rythme rotulien de la ronde
Sortez papillons, volez, sursautez
L'Homme ne saurait vous arreter
Roi de l'illusion lunatiquement argenté
Feuille, vent, arbre, fissure tranquille
Respire encore, souffre sans coeur
Ne retarde l'inébranlable fermé
Reste incohérent toujours
Revient voir nature
Reprends par des tours
Vol blanchâtre des papillons.

Un coup de coeur

Poeme de Georges Rodenbach, dans Le Règne du silence:

Douceur du soir! Douceur de la chambre sans lampe!
Le crépuscule est doux comme la bonne mort
Et l'ombre lentement qui s'insinue et rampe
Se déroule en fumée au plafond. Tout s'endort.

Comme une bonne mort sourit le crépuscule
Et dans le miroir terne, en un geste d'adieu,
Il semble doucement que soi-même on recule,
Qu'on s'en aille plus pâle et qu'on y meure un peu.

Sur les tableaux pendus aux murs, dans la mémoire
Où sont les souvenirs en leurs cadres déteints,
Paysages de l'âme et paysages peints,
On croit sentir tomber comme une neige noire.

Douceur du soir! Douceur qui fait qu'on s'habitue
A la sourdine, aux sons de viole assoupis;
L'amant entends songer l'amante qui s'est tue
Et leurs yeux sont ensemble aux dessins du tapis.

Et langoureusement la clarté se retire;
Douceur! Ne plus se voir distincts. N'être plus qu'un!
Silence! deux senteurs en un même parfum :
Penser la même chose et ne pas se le dire.

27 novembre 2007

Le poete sur la mer marche de ses semelles souillées de terre

Voilà plus ou moins une définition qui me semble assez juste sur le symbolisme poétique...
Mais Mallarmé a tout changé dit-on, certes mais heureusement que notre cher Baudelaire est passé d'abord par là et on a que trop tendance à l'oublier...
Sur se Salluste m'appelle et m'obsède avec sa "conjuration de Catilina", encore un qui souffre du "péché originel" romain